Digital Art Design & Research

Nos Météores est un cycle d’expositions Art-Science sur le thème des Exo-climats proposées par Marie-julie Bourgeois et Barthélémy Antoine-Loeff en résidence artistique avec SIANA à Evry en 2019-2020. Ce projet de recherche regroupe des objectifs pluridisciplinaires autour de fictions à travers un ensemble d’installations conçues par les artistes s’inscrivant dans le réseau Exo-planète Terre. Notre environnement conditionne notre perception et influence notre civilisation « solaire » dans son rapport à l’harmonie homme-nature. Comment la perception d’exo-climats peut changer la perception et la compréhension de notre environnement et comment les fictions y participent?

Design et Graphisme de l’exposition Nos Météores i & II : Affiche, Programme, Mailing, Gif…
Programme des expositions, rencontres-art/science et des ateliers de création.

Terre Battue est une architecture-abris, un bunker où se réfugier en cas d’obscurité prolongée.

Un jour chimique se lève, nos météores filent à la vitesse de la lumière, replient l’espace sur leur passage pour retomber de nouveau sur Terre. Après avoir pollué la terre et les mers, l’éther est bientôt saturé de déchets de satellites. Témoins de la «grande accélération», nos météores, dressent un bestiaire lumineux, minéral et poétique d’objets fracassés comme autant de rebuts génétiquement modifiés, terra-formés, pris dans un processus de recyclage artificiel. Aristote définissait ses météores par quatre éléments subtils qui composent notre atmosphère, longtemps nommée éther, elle devient cette «matière noire» contemporaine, encore hypothétique, qu’il reste à définir. La lumière du soleil filtrée par l’ozone s’épaissit d’une couche de particules, ces micro-déchets deviendront nos futures poussières d’étoiles. Notre désir (desirare) d’accéder aux étoiles se trouve obstrué par ces vestiges abandonnés, et irrécupérables, nos poubelles volantes non identifiées.

 

Nos Météores I

Hors de contrôle depuis 2016, la station chinoise orbitale Tiangong I est retournée dans l’atmosphère le 2 avril 2018, sans qu’il ait été possible de prédire avec exactitude le moment et le point d’impact sur Terre. Elle s’est finalement échouée au large de Maupiti, non loin de Tahiti. Expérience immersive, sensible et poétique, l’installation Terre Battue présente un micro-débris provenant  de la station orbitale Tiangong I et récupéré par une habitante de Tahiti, quelques jours après la chute de la station. Matière « potentielle », elle libère les rayonnements accumulés en orbite dans un espace confiné où le visiteur est invité à entrer en respectant des mesures de sécurité : port du masque obligatoire, jauge minimale et pilule de détoxication à la sortie.

A l’intérieur, l’expérience est « ultra-sensorielle » du fait de l’énergie libérée par ce débris micronique, réentré sur Terre après avoir tourné en orbite dans l’espace pendants plusieurs années. Dans la « chambre » de confinement, le débris est conservé sous une vitrine en verre trempé et béton, le météore ayant subit la chute et l’auto-fusion, d’à peine quelques microns est «observable» sous un microscope. Il conserve l’énergie de sa chute perpétuelle vers la Terre.

Terre battue propose un conditionnement extrême, invité à entrer dans cet espace confiné, le visiteur il ressent physiquement les effets sensoriels sur son corps fragile. L’expérience esthétique est épidermique et potentiellement déceptive : elle est de très courte durée après un temps d’attente, alors qu’il n’y a «rien» à voir, le débris micronique étant invisible à l’oeil nu. L’expérience résume le fantasme de la colonisation martienne : un voyage de 6 mois, pour découvrir un climat extrême, une planète inhospitalière d’où aucun retour n’est envisagé…

Visite guidée 360°

FICTIONS ATMOSPHÉRIQUES

Comment la perception d’exoclimats peut changer la perception et la compréhension de notre environnement et comment les fictions y participent?

Conquérir l’espace, c’est s’employer à dominer une autre échelle ; de temps, de distance, de vitesse, mais aussi d’inconnus. Lors de la chute de la station chinoise Tiangong 1 “re-entrée” dans notre atmosphère le 2 avril 2018, nous avons pu constater à quel point prédire l’impact était impossible.

Dans le même temps, un certain nombre de récits scientifiques et fictionnels projettent le salut de l’humanité sur Mars, terra-formée pour l’occasion. Et si ce n’est pas sur Mars, ce sera une exo-planète située dans un autre système solaire. La deuxième phase de notre recherche se consacre à l’écriture de « fictions atmosphériques » déclinées sur de multiples supports: dispositifs augmentés (AR, VR) détournés, expérimentations inspirées de la géo-ingénieurie, documentaires fictionnels et documentations scientifiques…

Basant notre démarche sur les promesses de la géo-ingénierie afin de « réparer » poétiquement les dégâts écologiques. Nous proposerons aux publics de créer des scénarios climatiques : arcs-en-ciel monochrome, soleil triple, pluie violette, couché de soleil vert, comète frisée… Ces scénarios climatiques impossibles rappellent la promesse d’un climat hybride modifié par la main de l’Homme, comme tentative de réparer le climat. En collaboration avec des chercheurs en astrophysique spécialistes d’exo-climats, nous alimenterons ces climats exotiques inspirés des conditions climatiques des autres planètes du système solaire. Ces climats hybrides générés par la main de l’homme provoqueront-ils un dérèglement climatique supplémentaire?

Référents scientifiques : Janet Bjorg, Société Astronomique de France, spécialiste des comètes, météor et micro-débris spatiaux. & Cédric Pilorget, Maître de conférences, Univ Paris-Sud IAS – CNRS ORSAY spécialiste des exo-climats.


Film interactif 360°

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Film réalisé par les étudiants du Lycée Brassens

 ENGLISH 

Our Meteors is a Art-Science exhibitions cycle on the theme of Exo-climates proposed by Marie-julie Bourgeois and Barthélémy Antoine-Loeff in artistic residency with SIANA in Evry in 2019-2020. This research project brings together multidisciplinary objectives around fiction through a set of installations designed by the artists included in the Exo-planet Earth network. Our environment conditions our perception and influences our « solar » civilization in its relation to man-nature harmony. How can the perception of exo-climates change the perception and understanding of our environment and how fiction contributes to it?

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